Masque de protection COVID-19 : fabrication, utilisation et nettoyage

En cette période de crise sanitaire, le masque de protection est sur toutes les lèvres, ou presque… En effet, la pénurie se fait sentir.

C’est pourquoi vous, couturiers et couturières, êtes invités à utiliser vos talents pour fabriquer des masques supplémentaires. Et nous tous devons apprendre à les utiliser correctement.

ATTENTION : Cet article reprend les informations connues au moment de son écriture. Il se peut que la situation change, notamment au niveau des conseils et/ou obligations du port du masque.

Les types de masques de protection

Certains types de masques sont privilégiés par (et en ce moment réservés aux) professionnels de la santé. Ainsi vous l’aurez compris : tous les masques n’offrent pas les mêmes protections.

Alors avant de faire votre propre masque contre le coronavirus et d’en tirer un potentiellement faux sentiment de sécurité, prenez le temps d’apprendre la différence entre ces masques médicaux :

1) Le masque chirurgical

Aussi appelé masque antiprojections, masque barrière, masque d’hygiène ou masque à trois plis, il se compose le plus souvent de trois épaisseurs de textile : intérieur, filtre, et extérieur (sa composition exacte détermine son efficacité).

Ce masque sert à bloquer les gouttelettes de salives projetées dans l’air lorsque le porteur parle ou expire. On le destine donc, notamment, aux patients contagieux afin de fortement réduire les risques de contagion vers leur entourage.

Dans l’autre sens, le masque n’offre pas de réelle* protection au porteur car il n’empêche pas le virus de traverser les épaisseurs et d’arriver ensuite aux voies respiratoires. Il semblerait* par contre qu’il puisse servir de manière ponctuelle, lors d’une sortie au supermarché par exemple, en servant de barrière additionnelle entre soi et les autres.

* A ce stade de l’épidémie, il y a pas mal d’infos contradictoires sur le sujet des masques. Je ne veux pas me lancer dans ce débat, vous et moi regardons le même journal je n’ai rien à ajouter 😉

2) Le masque respiratoire FFP

Les masques de type FFP (= « filtering facepiece » ou « pièce faciale filtrante ») sont plus sophistiqués. Ils résultent de l’assemblage de plusieurs matériaux aux propriétés complémentaires, et parfois aussi d’une soupape expiratoire pour plus de confort puisque les épaisseurs rendent la respiration difficile.

A l’inverse du masque chirurgical, les modèles FFP protègent le porteur en filtrant les particules nocives dans l’air inspiré (virus, poussière, pollution, etc.). Ils se déclinent en trois classes (FFP1, FFP2 et FFP3) en fonction de leur degré de rétention des particules en suspension (respectivement 80 %, 94 % et 99 %).

Ils correspondent plus ou moins aux masques N95 et KN95 dont la presse a beaucoup parlé au début de l’épidémie de COVID-19, et offrent en effet une excellente protection dans ce contexte.

Comment faire un masque contre le coronavirus ?

Internet est bourré de tutoriels pour fabriquer des masques, à la machine à coudre mais pas seulement. Certains que je ne citerais pas (on ne va pas leur faire de la pub en plus) profitent même de la situation pour vendre leurs masques faits maison à des prix débiles (jusqu’à 40 €) !

Si vous voulez participer à l’effort national, ou simplement trouver un patron de source crédible pour vous et vos proches, je vous conseille d’ignorer ces tutoriels et de plutôt de suivre un modèle approuvé par votre gouvernement local. En voici trois.

Le masque barrière de l’AFNOR (France)

L’AFNOR (Association française de normalisation) joue un rôle clé dans le développement de normes et de certifications en France.

Elle a publié deux patrons de masques et des explications pour les réaliser chez soi. Celles-ci n’étant pas super claires, je vous conseille de suivre l’exemple de quelqu’un sur Youtube.

Le masque antiprojections bruxellois (Belgique)

Une chaîne de production collaborative a été mise sur pied à Bruxelles pour rapidement fabriquer des masques destinés au personnel soignant.

En plus d’un tutoriel en vidéo, cette organisation donne des kits aux participants bruxellois pour réaliser 50 ou 200 masques à la maison avant de les renvoyer pour être distribués dans la capitale.

Le couvre-visage fait à la main (Canada)

Pour ceux et celles d’entre vous qui n’ont pas de machine à coudre sous la main, le gouvernement canadien propose aussi quelques alternatives de masques faits maison.

Faire un masque avec quel tissu ?

C’est bien d’avoir un patron, mais encore faut-il savoir quels matériaux utiliser.

Un groupe d’organisations françaises s’est réuni pour établir une liste de matériaux conformes aux masques dits de catégorie 1 (pour les travailleurs en contact avec le public) ou de catégorie 2 (pour la sécurité collective des confinés lors de sorties occasionnelles).

N’hésitez pas à vous y référer pour faire un masque de protection à la hauteur de vos attentes.

Comment utiliser son masque ?

Un masque de protection n’est d’aucune utilité (il peut même augmenter le risque de contamination) si vous ne l’utilisez pas correctement. Assurez-vous dès lors de suivre les consignes suivantes :

1) Le mettre correctement

D’abord, n’utilisez jamais un masque potentiellement contaminé. Prenez un masque neuf (ou nettoyé) à chaque nouvelle utilisation.

Ensuite, avant de mettre le masque, lavez-vous les mains avec du savon pendant une minute, en prenant soin de passer sur toutes les zones de la peau du bout des doigts jusque sur l’avant-bras ou même le coude. Vous pouvez aussi utiliser du gel désinfectant.

Enfin, vous pouvez maintenant prendre le masque par les élastiques/lanières ou les bords et le placer à l’endroit sur votre visage de manière à couvrir le nez, la bouche, et le menton.

  • Si le masque est équipé d’une barrette en métal (pour un masque souple) ou d’une coque courbée d’un côté (pour un masque rigide), assurez-vous qu’il épouse bien la forme du nez. Si vous sentez de l’air sur vos yeux ou voyez de la buée sur vos lunettes, le masque est mal positionné.
  • Si le masque s’attache autour de la tête plutôt que sur les oreilles, passez la lanière supérieure/inférieure au-dessus/en-dessous des oreilles respectivement. Ne les croisez pas afin que le masque soit bien plaqué contre le visage.
  • Couvrez bien l’entièreté du nez et du menton. Ne portez jamais le masque sur le cou ou le front, et ne touchez pas non plus le centre du masque avec les mains au risque de contaminer la zone en contact avec les voies respiratoires.

2) Le porter sans le contaminer

Nous avons tous tendance a sans cesse nous toucher le visage, et c’est encore plus tentant quand on porte un masque qui dérange et irrite. Pourtant, c’est exactement comme ça que nous le contaminons et nous mettons en danger. Alors résistez à la tentation d’ajuster votre masque quand il commence à vous embêter !

Ne le manipulez plus jusqu’à ce qu’il soit temps de l’enlever. Vous pouvez le garder tant qu’il n’est pas contaminé (humide ou touché avec les mains), soit entre 30 minutes et 3 heures selon les sources.

Je vois plein de gens abaisser leur masque pour parler plus aisément, ne faites pas ça ! A quoi bon porter un masque si c’est pour le retirer au moment où il est le plus utile…

3) Le retirer en sécurité

Quand il est temps de retirer ou changer de masque, attrapez-le à nouveau par les élastiques/lanières et placez le masque usagé dans une poubelle fermée ou dans un contenant pour son nettoyage, puis lavez-vous soigneusement les mains encore une fois.

Comment nettoyer son masque ?

Notez que le nettoyage s’applique uniquement aux masques en tissu faits maison, et pas aux masques médicaux à usage unique !

Laver un masque a pour but de tuer le virus qui l’aurait potentiellement contaminé, et consiste en deux étapes :

1) Lavage à haute température

Soit à la machine à laver, à 60 degrés pendant au moins 30 minutes.

Soit en immersion dans l’eau bouillante, à 100 degrés donc, pendant quelques minutes.

Certains conseillent de passer le masque au four ou sous le fer à repasser. Sachez que le fer à repasser ne réparti pas forcément bien la chaleur et risque en plus d’altérer les matériaux et leur efficacité. Et l’idée du four semble plus dangereuse qu’autre chose… D’autres recommandent de mettre le masque au congélateur : c’est débile, le froid ne tue pas le virus !

Personnellement, je n’aime pas trop la première approche. D’abord parce que je ne fais pas de lessive tous les jours (et je n’ai pas assez de masques pour tenir entre deux lessives), et ensuite parce que je n’aime pas laisser traîner un masque contaminé dans ma maison en attendant la prochaine lessive.

Avec la seconde approche, il suffit de mettre le masque dans un verre ou un bocal quand on rentre à la maison, se laver les mains, puis allumer la bouilloire et couvrir le masque d’eau bouillante. Laissez agir quelques minutes, puis sortez le masque pour le sécher. Pas besoin d’utiliser du savon, mais si vous le faites prévoyez un rinçage en plus.

Dans les deux cas, évitez l’utilisation de produits nettoyants autre que la lessive habituelle. Ceux-ci peuvent être toxiques s’ils sont inhalés lors de la prochaine utilisation du masque et/ou en dégrader les matériaux.

2) Séchage rapide

Une fois le masque lavé (c’est-à-dire désinfecté), mieux vaut ne pas le laisser humide trop longtemps ni le sécher à l’air libre, ce qui pourrait entraîner une recontamination.

Faites-le sécher rapidement et à haute température au séchoir, ou éventuellement avec un sèche-cheveux.

Quand il est bien sec et sans le manipuler plus que nécessaire, rangez le masque dans un contenant hermétique à l’abri de la lumière. Cette boite doit aussi être lavée (à l’eau et au savon ou au lave-vaisselle) entre deux utilisations.

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